Il n’est jamais trop tard pour faire parler un homme politique. Ces acteurs ont toujours leurs moments fétiches. Du moment où il a toujours décliné nos demandes, nous avions pris notre mal en patience pour observer. Tel que promis, nous sommes parvenus à lui délier la langue. Lui c’est Kamal Madougou-Zongo. D’origine togolaise, il dépose ses valises en Allemagne, précisément à Bielefeld. La ville l’accueille, à bras ouverts, dans son Conseil d’intégration et le parti politique, le SPD, un des deux principal partis politiques en Allemagne, ne se fait pas prier pour le récupérer, dès les premières heures. Celui qui finira par se révéler un humble talent en herbe en quête d’une destination politique. Ça y est, en 2020, le jeune MADOUGOU ZONGO se fait élire déjà au conseil municipal de sa ville d’accueil. Il ne baisse les bras. Mais tout récemment, Entre engagements politiques et professionnels, il est forcé de se déplacer dans une autre ville. Son parti politique ne le lâche pas. A peine, a-t-il fait connaissance de sa nouvelle ville qu’un agenda politique lui force la main. Il est encore choisi pour défendre les couleurs de sa formation. Il y tombe. Mais de la plus belle manière, c’est-à-dire, les armes en main. Ce modeste mais brillant parcours nous obligeait, dans l’édition dernière, à vous promettre une interview de lui. C’est une réalité. Lisez plutôt le vécu de ce fils du TOGO qui va très tôt apprendre à exporter les bonnes manières de TOGOLAIS accompli et à saisir la balle au bond de la meilleure des façons bonne lecture.
Mr Kamal Madougou-Zongo en fin à nos lecteurs.
« Je me sens lié aux deux pays ; l’Allemagne m’a offert l’opportunité, le Togo reste ma racine ».
Le Rendez-vous :
Présentez-vous présentez à nos lecteurs.
Je suis Kamal Madougou-Zongo, 43 ans, originaire du Togo. Je vis depuis 15 années en Allemagne. Je suis marié et père de famille. Je suis entrepreneur dans le domaine de la sécurité et propriétaire de cette entreprise que je gère moi-même. Concomitamment à cette activité, je m’engage activement dans la vie sociale et politique de ma ville.
Vous venez de participer à une élection.
Quels sentiments et impressions souhaitez-vous partager ?
Avant tout, c’est exprimer reconnaissances aux électeurs et électrices qui m’ont placé leur confiance. Un des engagements les plus défiles à prendre, c’est celui de faire confiance à un être humain, qui de plus est un politique. Même si je n’ai pas remporté cette fois-ci, je suis, profondément touché par la confiance que beaucoup de personnes m’ont accordée. Recevoir autant de voix en si peu de temps dans une localité où je viens d’arriver, me montre que la proximité avec les habitants et l’engagement sincère portent toujours leurs fruits.
Comment et depuis quand votre engagement politique a-t-il commencé ?
Mon engagement est né de mon propre parcours d’intégration. Arrivé en Allemagne en 2010, j’ai découvert ici la valeur de la démocratie, de l’éducation et de la participation citoyenne. Ces valeurs, j’ai voulu les partager. C’est ainsi que je rejoins le Conseil d’intégration de la ville de Bielefeld et le SPD. Ceci afin de contribuer concrètement à la vie politique locale.
Quels objectifs poursuivez-vous pour la diaspora togolaise en Allemagne ?
Je souhaite que notre communauté devienne plus unie, visible et solidaire. Mes priorités sont l’éducation, la participation sociale et le soutien mutuel. Je veux aussi construire des ponts, socialement parlant et en terme de développement, entre la diaspora allemande et le Togo, afin que chacun puisse apprendre de l’autre et se construire.
Vous vivez dans un pays que vous qualifiez d’ « adoptif ». Souhaitiez-vous aller dans votre parcours politique ici Jusqu’où ?
L’Allemagne est devenue ma seconde patrie. Je souhaite continuer à m’impliquer pour l’intégration, la démocratie et l’égalité des chances que ce soit au niveau communal ou plus large. Pour moi, la politique commence là où les citoyens prennent leurs responsabilités.
Depuis votre première élection à Bielefeld, avez-vous parfois eu le sentiment de faire de la politique dans un pays étranger ?
Au début, oui. Il m’a fallu comprendre les structures et la culture politiques locales. Mais aujourd’hui, je me sens pleinement partie prenante de cette société. Finalement, la politique a un langage universel : celui de la responsabilité, de l’écoute et du vivre-ensemble.
Votre agenda est très chargé. Votre famille ne vous manque-t-elle pas parfois ?
Bien sûr. Ma famille est ma plus grande source de force. Mais ma femme et mes enfants comprennent que mon engagement vise aussi à bâtir un avenir meilleur pour eux et pour les autres. J’essaie toujours de préserver des moments avec eux, car ils sont mon équilibre.
Une nouvelle génération de Togolais en Allemagne suit-elle votre exemple ?
Oui, et j’en suis très heureux ! Je vois de plus en plus de jeunes Togolais motivés à s’engager dans les associations, les écoles ou la politique. Je les encourage autant que possible, car ils représentent notre avenir commun.
La nationalité allemande vous donne-t-elle la liberté de penser en même temps à votre pays d’origine ?
Tout à fait. Je me sens lié aux deux pays. L’Allemagne m’a offert de nombreuses opportunités, et le Togo reste ma racine. Avec mon association ABEFH e.V. je m’investis dans des projets éducatifs et humanitaires à la fois ici et au Togo, pour promouvoir la solidarité et le développement.
Avec le recul, vous arrive-t-il de regretter d’avoir choisi cette seconde voie politique ?
Jamais. Ce n’est pas toujours facile, mais c’est profondément gratifiant. Chaque rencontre, chaque projet qui rapproche les gens me confirme que j’ai fait le bon choix : celui d’agir pour une société plus juste et plus unie.
Quel message souhaitez-vous adresser directement à vos électrices et électeurs ?
Je leur dis un grand merci. Leur confiance me touche énormément. Je continuerai à œuvrer pour l’intégration, l’éducation et la justice sociale dans notre ville. Ensemble, nous pouvons faire bouger les choses.
Pour conclure, si vous pouviez adresser un message aux autorités allemandes, que leur diriez-vous ?
Je souhaiterais que l’on renforce encore le soutien à l’intégration, notamment au niveau local. L’éducation, la participation politique et l’égalité des chances sont les clés d’une société pacifique et solidaire. Et pour cela, il faut continuer à travailler main dans la main.
Interview réalisée par
ABI-ALFA
